Semaine 2: Little Rose Centre, Kliptown Soweto

Désolé pour le temps et le peu de nouvelles mais la wifi est assez limité dans un bidonville, j’utilise du coup ma 4G Sud Africaine qui coute assez cher ici …

 

Alors ça donne quoi d’être blanche, blonde aux yeux clairs dans le bidonville de Kliptown Soweto ?

 

Avant même d’y être je me doutais que ça serait une expérience. Surtout lorsqu’à CapeTown: Gcobani m’a dit « mais pourquoi tu vas la bas, même les noirs n’y vont pas »

À peine arrivée, directement happée par la misère. Des cabanes de fortunes au milieu des déchets qui recouvrent tout le sable par endroit, le tout dans une chaleur étouffante.
Et pourtant ces sourires insaisissables sur le visage des enfants, tous veulent venir dans les bras, toucher ma peau et surtout mes cheveux qui même attachés les intriguent beaucoup.

Cette semaine à Little Rose la cuisinière n’étant pas là, nous devons cuisiner nous même.
Pour cela, nous sommes allé faire les courses au Pick&Pay, petit super marché situé à 15 min à pied de l’orphelinat en traversant une partie du bidonville.

J’avoue quand même que même si je fais confiance à Theo* que je connais depuis quelques heures; je lui ai demandé s’il était sûr que ça craignait rien, et il m’a expliqué qu’Ouma (la directrice de Little Rose) est considéré comme la mama de Kliptown ce qui lui vaut un énorme respect et ainsi que pour ses bénévoles.
Mais une fois sur le chemin, en étant les deux seuls blancs des environs sincèrement je faisais pas la maligne et puis finalement tous les enfants vivant dans le bidonville venaient vers nous, les parents nous souriaient.

Une fois au supermarché, nous étions encore les seuls blancs de tout le magasin, on est aussi surement les seuls Blanc de Kliptown alors bon !
Les gens nous regardent en souriant sûrement un peu amusé que des blancs fassent leur courses dans le même endroit qu’eux.

Bilan de la première semaine sur ce point : easy peasy!
C’est pas Bordeaux non plus, je ne sors pas du tout le soir on est bien d’accord, et jamais toute seule même la journée.

 

Les conditions de vie ça donne quoi ?

Sincèrement je suis agréablement surprise je m’attendais à bien pire !

Il y a un grand conteneur aménagé pour les bénévoles internationaux, l’espace principal est le dortoir où il y a 3 lits superposés soit 6 couchages; il y a également une petite salle de bain que pour nous !
A part la chaleur dans notre chambre/conteneur et le bruit la nuit car comme vous pouvez vous en douter c’est pas isolé du tout, et on a eu une journée avec une coupure d’eau, mais à part ça tranquille !

 

On met quoi pour se balader dans un bidonville ?

Beaucoup m’ont demandé comment j’allais m’habiller pour sortir dans « mon bidonville » je pensais avoir à me couvrir la tête et finalement ce n’était pas la peine juste un pantalon et un haut à manche longue dans des couleurs discrètes.

 

On sent l’insécurité ?

La journée pour l’instant pas vraiment! On sort tous les jours dans les « rues » de Soweto et tout ce passe bien alors on reste vigilants c’est sur, on a pas nos iPhone à la main, ni de shorts ras les fesses par exemple! Mais sincèrement si on respectent les règles de bases de sécurité tout ce passera bien jusqu’a la fin du mois!

La nuit, on est bien enfermé dans notre dortoir conteneur, et le centre est fermé à clé et il y a un garde en principe que je n’ai pas encore croisé mais qui est dans les parages. Et dès que la nuit tombe à 20h, on va pas aller se balader dehors c’est clair & net !

Après on entend régulièrement des coups de feu, et une autre association pour les enfants juste à côté de Little Rose, a été cambriolé la semaine dernière. Il faut donc rester lucide.

 

C’est pas trop dur ?

De plus de plus de Tours Touristiques passent dans le bidonville avec leurs énormes bus. Et j’arrive pas à me faire un avis sur la question il y a le pour et le contre, mais je crois que leur façon de faire me donne un peu envie de vomir!

Ils s’arrêtent souvent à Little Rose, et nous donnent l’impression d’être des animaux en cage dans un zoo (je suis déjà totalement contre les zoos) alors là avec des êtres humains c’est pire. C’est majoritairement des américains, qui viennent ici habillés comme s’ils allaient faire du shopping sur la 5th Avenue à Manhattan, des talons, des sacs de marques, tous iPhones 8 à la mains filmant sur tout ce qui passe.
Et à la fois je me dis que c’est bien que les gens viennent voir les townships car c’est aussi l’Afrique du Sud..

Ça fait une semaine que je suis ici et je reste épatée par combien ces enfants sont heureux alors qu’ils sont orphelins, ou placé ici car leurs parents sont drogués ou en prison.
Tous les enfants vivent en autonomie totale dans les rues, dès qu’ils savent marcher ils vivent leur petites vies avec leurs copains dans le township, totalement livrés à eux mêmes. Et lorsque on discute avec eux les plus petits s’amusent de tout et les plus grands aussi, ils sont heureux de faire ce qu’ils veulent à leur rythme la semaine contrainte mais qu’ils aiment c’est de venir à l’école à Little Rose.


Quelle leçon de vie ! Ceux qui ne sont pas orphelins, ou du moins ont de la famille ou des amis qui les hébergent, vive dans une « maison » de 10m2 en tôle au milieu de la saleté de leurs déchets et des odeurs qui vont avec. Et sont heureux !

La seule fois, où j’ai eu vraiment mal au coeur, c’est lors d’une de nos sorties au supermarché, 5 enfants se sont accrochés à nos mains, pantalon et t-shirt pendant tout le trajet à pied ainsi que pendant les courses, et Ouma nous avait dit de pas donner a manger aux enfants car ça créé des rivalités entre eux et si on le fait une fois, ça sera pire après…

On a fait une sortie au musée de Hector Piterson*, pour s’y rendre on a pris un taxify et là un grand moment de conduite… Notre chauffeur s’est complètement trompé de route, s’arrête sur les zébras entre les voies d’autoroute. Je suis pas peureuse en voiture mais alors la franchement j’avais hâte d’arriver. A noter, taxify est moins cher que Uber mais à l’avenir on prendra Uber!